Les contes et légendes

 

 
Dans les contes (assami) et les légendes, vaste domaine de la littérature téké, se rencontrent à la fois, les hommes (bâri), les animaux (agnama) et des autres êtres surnaturels de l'univers comme Dieu (ndjami), lesfantômes (afu, édjulu, édju). Les contes évoquent souvent de évènements plus ou moins imaginaires situés très loin dans le passé, au commencement du monde. L'univers en création semblait encore en mouvement et tout paraissait provisoire et incomplet; c'est ainsi que les toutes choses de l'univers se retrouvaient et se comprenaient. Aujourd'hui, des millénaires après, la création a pris fin, le monde s'est stabilisé; et aussi les circonstances favorables à la création des contes se sont rarefiées.
A travers les contes et les légendes se dégage aussi le perpétuel conflit de l'homme avec la nature et sa lutte pour l'existence. cette littérature orale explique aussi l'origine des principales acquisitions de l'homme et dont il n'a pas été doté initialement. Tout fait légendaire trouve son explication dans la vie réelle, répercute mythiquement une signification humaine ou historique.Enfin les contes et les légendes sont une école (lacôlo) de morale pratique où les parents aiment à inscrire leurs enfants. Parfois un conseil à donner ou un mauvais acte à reprimander chez un enfant passent par un conte intélligement choisi que l'on fait écouter à l'enfant. A cette école de morale sociale on met également en garde contre certains milieux: l'amitié liant le faible au fort, le rusé au naïf, le gôut du rare, l'excessive naïveté ...
Ainsi, les parents qui en reconnaissant la valeur éducative des contes, tolèrent-ils qu'ils, au clair de lune, restent tard écouter des contes.

LA GRANDE PEUR D'OPERE

Il y a longtemps, dans la grande fôret d'Alima, vivait la grande famille d'Opèrè (grande antilope) ainsi que d'autres animaux. Opèrè disait toujours à qui veut l'entendre :" je ne vous comprends pas, vous avez toujours des problèmes dans vos familles ou avec vos voisins, moi jamais je n'ai eu des palabres avec qui ce soit, je suis très fier de ma famille".
Quelques mois vient à mourir le père d'Opèrè. Après les funérailles, Nkima (le singe) dit à Opèrè:
" ton père était un grand ami, je souhaite que la cérémonie de son retrait de deuil soit une fête exemplaire à laquelle tu inviteras tout le peuple de notre contrée."
Le jour du retrait de deuil arrivra. Opèrè était très content et fier car les préparatifs étaient exemplaires et de nombreux invités étaient présents. La nourriture était abondante sans oublier le vin de palme (mbali m'aba) et de vin d'ananas (mbali m'étû). Le soir (ékikolo), les tambours commencèrent à retentir et on vit les danseurs (akini) manifester leur joie et ce qui devait arriver arriva. Les bagarres éclatèrent, on compta des nombreux blessés graves  et on entendit des voix qui disaient:
" Mais où se trouve Opèrè qui nous a invité, c'est de sa faute, il faut qu'il paie les dégâts !".
Opèrè, apeuré, écoutait tout ça caché au fond de sa maison. Se sentant ménacé, il mit ses jambes à son cou et alla se réfugier dans la brousse non loin du sentier qui mène à Bayi. Mais les invités de Bayi,sur le chemin de retour, continuèrent à rechercher Opèrè. Opèrè abondonna cette cachette et alla cette fois vers le sentier qui mène vers Abila. Encore une fois il quitta cette cachette à cause des invités d'Abila qui lui en voulait à mort.
Pendant des jours, Opèrè erra de cachette en cachette et c'est depuis ce temps Opèrè a toujours des oreilles dressées et aux aguets. A mondre bruit, il s'enfuit de peur de se faire tuer par ses "invités".

LES GRIOTS

le griot en action

A la limite de l'histoire, du chant et de la poésie se trouvent les griots. Ils sont l'expression de la plus vivante de la littérature orale. Le griot (ndjim) est tout l'art de raconter en chantant dans la plus belle poésie. La mélodie berce et suscite à la fois la persuasion. Le griot intervient dans les solennités (funérailles, mariages) et annoblit le personnage dont il chante les louanges. Le griot téké est l'artiste qui atteint même les coeurs les plus insensibles. Les griots se comptent en nombre très restreint dans chaque région; ils sont donc d'une nature peu banale et sont au contraire recherchés.
Le griot surprend par son improvisation, son aptitude à réciter pour tout client habitué ou nouveau, ses exploits et ses succès jusque dans les détails les plus ténus. dans la traditionnelle explication, on dit que, dans cet art sans initiation, le griot est inspiré et qu'il bénéficie de l'assistance des esprits des ancêtres. la plupart d'entre eux ne sont-ils pas à la fois ngâ, nkira habités par les mânes. Le griot est noble. Il possède une mémoire prodigieuse. Il chante d'un débit ininterrompu les règnes des chefs et les généalogies des gnrands lignages. Il es détenteur de l'historiographie et la chronique de tous les règnes; il incarne la tradition. A l'occasion des funérailles, les pleurs des griots constituant des chants très mélodieux, taisent souvent ceux des femmes jugés trop profanes.
Un griot téké ne se décrit mieux et ne s'apprécie qu'en écoutant. Otiémi, décédé dans les années 80, était l'un des derniers griots de la contrée de Maya. apprécions ensemble ce dernier griot dans cet extrait sonore.
 


 

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