Notion de famille

 

Les rapports de la parenté sont les relations résultant de la descendance et de l'aaliance. La parenté (oburu, okwono, ndjo) très étendue, doit être compripse surtout dans sa signification sociale et non biologique où elle est moins réelle. Elle constitue un véritable système de relations entre les personnes et les classes de personnes( par exemple l'"ensemble" des "pères" (tàra) et l'"ensemble" des "fils" (bàna); elle détermine des attitudes, des comportements codifiés et des appellations rigoureuses. L'aspect classificatoire est très caractéristique de l'unité sociale: tous les frères de la mère sont des "mères mâles" (angwu abala, angwo bolo) et toutes les soeurs de la mère sont des mères, comme tous les enfants des soeurs des soeurs de la mère sont des frères et des soeurs.
couple téké des années 1950Ainsi, en milieu culturel bantu et téké en particulier, les termes "oncle" et "tante" sont bien précis et ne suscitent aucune confusion; ils désignent respectivement le frère de la mère c'est-à-dire la "mère mâle" (angwu abala, angwo bolo) et la soeur du père, c'est-à-dire le "père femelle" (tara okei, tara okari) tandis que les termes occidentaux de cousin, demi-soeur, demi-frère sont vides de sens et ne trouvent aucun emploi. Ce caractère très systématique manifeste de l'importance du champ des rapports sociaux définis par la parenté. Les relations déterminées en fonction de la descendance, de la référence à un ancêtre plus ou moins éloigné dans l'échelle des générations sont fondamentales. Elles permettent de définir les lignages; elles régissent aussi la transmission des charges et des pouvoirs; elles circonscrivent les "parents" (éburu) avec lesquels le mariage est interdit, c'est-à-dire les frontières de l'inceste et de l'exogamie.
Nous voyons que  la famille téké diffère nettement de la famille occidentale qui est une unité domestique, un foyer composé d'un homme, de son ou ses épouses et de leurs enfants. La famille téké est un groupement plus large, basé d'habitude sur le principe de la filiation unilinéaire et composé des membres de plusieurs générations, issus d'un même ancêtre, groupe qu'on évoque souvent sous les terme de "famille élastique" ou " famille africaine". Les divers membres de ce groupe qui compte aussi les morts tendent à coopéréer dans les affaires économiques, à exercer certains droits communs sur la propriété, à accepter leur aîné généalogique comme autorité commune et à pratiquer certains rituels communs. Il peuvent ne pas vivre dans la même unité résidentielle, ils sont unis par les liens de consanguinité et par des sentiments affectifs réciproques qui constituent la parenté.
On distingue 3 catégories de parenté pour un téké bien qu'apparteneant à 2 branches familiales:

a) la parenté patrilinéaire ( ndjo atara)
Par ce terme, il faut entendre la parenté paternelle, parenté patrilinéaire. C'est l'ensemble des personnes auxquelles le père de l'individu est lié directement ou indirectement.Chez les téké, on désignera par tara ou da (père) non seulement son père géniteur mais aussi ses frères, ses neveux ou ses "parents parallèles" quelque soit leur âge.On entend par "parents parallèles" toutes personnes ayant des liens indirects de parenté avec l'individu. Et cette parenté peut s'étendre sur plusieurs générations. Les soeurs du père ou plutôt des pères sont appélés tari'okari ( littéralement un père femme). Couramment on les appele par le terme t'okari suivi par le nom de la concernée (exemple: t'okari Mpiè).
Ainsi par exemple, le neveu du père est du père (et non cousin) et sera désigné par tara(ou da) suivi par son nom de famille (ex: da Wunga).

b) la parenté matrilinéaire (ndjo angwugu)
C'est l'ensemble des personnes ratttachées à la mère de l'individu. Le terme ngwugu, ne désigne pas uniquement la mère génitrice, il évoque égalemet ses soeurs, ses nièces et ses "parents parallèles".
Elle respecte les mêmes principes que la prenté patrilinéaire. Toutefois le téké est plus attaché à cette parenté qui constitue sa souche, sa racine (étsina, katsini, étagi) et dont il est la propriété à part entière. Donc l'enfant appartient au même lignage que sa mère. Les membres  influents de celui-ci ont, plus que le père, pleine autorité sur lui et assure même le contrôle de sa production économique.

c) la parenté par alliance (nkwono)
La dernière catégorie parentale est constituée par des liens amicaux ou matrimoniaux se transformant en liens parentaux.On la désigne par le terme nkwono. Ce terme est un peu ambigu et vague car il signifie famille; d'autant qu'il sert à désigner aussi bien la parenté par sang et la parenté par alliance. Ainsi, les "vrais" amis et les beaux-parents deviennent petit à petit des des parents.


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