Organisation du royaume

 

Dans le pays tio, la stratification sociopolitique était en gros la même qu'aujourd'hui. Les grands traits sont assez caractéristiques. Au sommet un chef sûprème onkoo, dirigeant du royaume en tant que réprésentant des ancêtres-morts et symbole effectif de l'unité ethnique, nationale. Cour royale
Les makoko étaient entourés de dignitaires héréditaires.Il partage le pouvoir avec "ses grands feudataires" qui ont un "département" ou un "ministère". Ceux-ci étaient choisis dans les six branches famililiales: Impio, Isou, Onzala, Impan, Inkiri, Onkonsan mais suivant un ordre issu du matriarcat:, de frère à frère et d'oncle maternel à neveu.
Les dignitaires étaient investis de pouvoirs réels:
     ngaélino , dépositaire du collier d'investiture.
     ngaandjiyoo
, fils préféré du makoko
     moanga, homme de confiance du ngaélino
     ngansibi, gardien des objets sacrés du makoko, en particulier du fétiche hermaphrodite incarnant l'esprist national.
     mutiri, gardien du bonnet du makoko, calotte brodée, sur le coté de laquelle sont épinglées deux plumes noires retombant en arrière.
     ngampo, constructeur des cases de l'onkoo.
     ngansyemu ou tara onkoo, père spirtuel du roi et conseiller du makoko.
Tous ces dignitaires étaient communément appelés "bana b' onkoo" (les enfants du roi) et jouissaient d'une grande autorité.

Le royaume tioLe royaume téké était principalement reparti dans l'actuel Congo-Brazzaville, et une petite partie dans l'Ex-Zaïre (RD Congo). Ce royaume s'étendait de la rive méridionale du pool Malebo à la Nkéni au nord, et à la Ndouo, à l'Ouest, jusqu'aux rives du Kwa à l'Est. Sa superficie était de 80 000 à 90 000 kilomètres carrés. Il mesurait 280 kilomètres du nord au sud et 320 kilomètres d'Ouest en Est. Sa population était estimée à cent mille habitants.

VIE SOCIALE
Le royaume Téké était dépourvu de division clanique. Le principe d'organisation majeur était la chefferie. Le village est l'unité sociale la plus importante. La religion est la croyance aux esprits des ancêtres qui ne sont jamais morts et qui sont là aux côtés des vivants. Quant à l'Esprit Supérieur, il habite les chutes de la rivière Léfini. C'est le Nkwe Mbali qui protège le royaume et sert le roi. Les esprits peuvent agir partout et au service de l'homme disposant d'un sanctuaire approprié.

VIE POLITIQUE

La situation politique du royaume téké a été stabilisée une génération avant makoko ILOO. La terre était divisée en petits domaines confiés à des chefs qui n'avaient en fait droit qu'aux tributs de la chasse et rendaient la justice. En retour, les chefs de terre reversaient un tribut aux seigneurs, et ces derniers dépendaient des grands seigneurs de la couronne. Les grands seigneurs occupaient des fonctions déterminées par rapport au roi. Il s'agissait soit des fonctions rituelles ou d'autres fonctions administratives. Un chef de terre pouvait changer de seigneur, à qui il payait le tribut pour sa sécurité. Cela provoquait quelques fois des conflits entre seigneurs. Heureusement, les guerres étaient régies de façon à limiter des pertes humaines. Pour limiter les rivalités entre seigneurs, deux sanctions étaient prévues par la loi : ravager les cultures par les lions de Nkwa Mbali provoquer des inondations et des tornades.

VIE ECONOMIQUE
La société téké vivait des activités suivantes : agriculture, pêche, chasse, artisanat et commerce.
Sur les plateaux Batéké, on cultivait du maïs, du manioc, de l'arachide, du tabac et du raphia. Les cultures commerciales étaient essentiellement le tabac et le raphia (pour les tissus). Les activités artisanales étaient la poterie, le tissage et la sculpture. Les tisserands fabriquaient des pagnes en raphia et les forgerons utilisaient du fer importé. Les produits à l'exportation étaient des esclaves et de l'ivoire. On importait des tissus européens, des fusils et des poudres. Le réseau commercial a profondément bouleversé la société. A partir du XVIIIè siècle, on ne fond plus le fer mais on achète plutôt du sel importé. Le fusil remplace l'arc et les lances, et les tissus importés font baisser le tissage. Le principal bouleversement social dû au commerce fût l'introduction de la monnaie. Cette introduction s'est faite d'abord sur les bords du fleuve avant de gagner l'intérieur des terres. Les pièces de monnaies étaient des anneaux de cuivre ngiele ou les baguettes de laiton mitako. A l'ouest du royaume, on utilisait les tissus raphia comme monnaie d'échange. Ensuite le tissu européen va détrôner le raphia.